Jan / 08

2019 – Atterrissage de la croissance mondiale.

By / Pascal Faccendini /

Souvenez-vous, en janvier 2018, Emmanuel Macron avait une cote de popularité de 44%, Donald Trump avait déjà envoyé 2 000 tweets et tout le monde se demandait s’il était génial ou au bord de la folie ! L’année 2018 aura été pour le moins surprenante, et s’est achevée sur un état des lieux bien différent de celui qui était escompté 12 mois plus tôt. Les intervenants sont maintenant obnubilés par une éventuellement contraction économique et redoutent 2019 en se demandant si le spectre de la récession ne va pas refaire surface. Si on devait caractériser l’ambiance en ce début d’année, on pourrait dire que tout le monde redoute un vrai ralentissement, mais personne n’y croit vraiment.

L’année 2019 se présente au travers d’un bras de fer Chine/USA, un ralentissement en Europe et une inquiétude sur les emprunts d’états de la zone euro. Une opportunité pourrait se présenter du côté des pays émergents, mais D. Trump est aux commandes….. En 2019, nous allons devoir être très attentifs aux évolutions politiques (surtout en Europe), au risque de ralentissement chinois et à la croissance américaine qui semble pour le moment imperturbable. La Chine inquiète les marchés, essentiellement au travers de trois facteurs. Le premier concerne un endettement record qui devient à bien des égards « explosif ». Le deuxième concerne l’immobilier qui enregistre une très nette contraction et qui influence négativement le secteur de la construction. Le troisième est une perte de compétitivité dans les exportations, notamment en raison des hausses de salaires qui ont progressé plus vite que la productivité et engendrent cette perte de compétitivité. Du côté des États-Unis, nous sommes dans un schéma inverse ; tout va encore très bien. La croissance est autour de 3% pour 2018 et doit légèrement décélérer en 2019 vers 2,7%. L’Europe de son côté reste empêtrée dans son contexte politique qui devrait influencer négativement les emprunts d’états de la zone euro. En effet, nous devons considérer que nous sommes bel et bien sur la fin de la domination d’un « consensus libéral » (les « Gilets jaunes » ont fait voler en éclats ce consensus en France, obligeant le gouvernement à renoncer à ses objectifs de finance publique). Par conséquent, la France (et l’Italie) vont devoir laisser filer leur déficit, ce qui pèsera sur la qualité de leurs emprunts d’État et affectera en retour l’ensemble de la zone. L’obligataire européen devrait corriger en 2019, mis à part le Bund allemand, qui devrait toujours servir de valeur refuge. Au final, l’Europe devrait ralentir, sans dommages particuliers, mais en fonction de son évolution politique…. L’une des questions clefs pour 2019 se trouve dans la guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine et que l’on pourrait résumer ainsi : que souhaite vraiment Donald Trump ? Anéantir les ambitions technologiques mondiales de la Chine, ou organiser et structurer sa réélection vers un deuxième mandat ? Chacun comprendra que nous sommes là face à deux démarches aboutissant à des résultats diamétralement opposés. Dans le premier cas, la guerre commerciale ne va pas s’arrêter, car les Chinois n’ont aucune intention de sortir de leur plan « Made in China 2025 ». Le « Trade War » va continuer à peser sur la croissance et risquer de créer de gros dégâts économiques. D. Trump se mettrait alors en risque face aux démocrates. S’il souhaite au contraire sa réélection, il peut l’aborder avec espoir, en s’appuyant notamment sur quelques succès à l’international et à la vue d’une économie américaine flamboyante, qu’il devrait être désireux de ne pas détériorer. On est donc très sérieusement enclin à se demander s’il ne va pas ralentir ses velléités belliqueuses envers la Chine afin de maintenir l’économie américaine dans sa dynamique de croissance. Si c’est bien le cas, tous les espoirs sont alors permis concernant un éventuel rebond des places boursières et une extension de la croissance mondiale…. À suivre…

© photos : Tyler Easton

Categories : Economie, H, Marché financier
Pascal Faccendini