Oct / 31

Bourse, rebond durable.

By / Pascal Faccendini /

Les mesures annoncées par l’Europe ont propulsé les marchés dans une véritable euphorie. Au-delà de cette hausse épidermique, nous devons maintenant nous demander si cette envolée des places boursières est raisonnable, mais surtout, si elle peut se poursuivre. À ces deux questions nous répondons : oui…

Nous ne rentrerons pas, au travers de ces quelques lignes, dans les aspects techniques du plan européen qui vient d’être annoncé. Une « littérature » importante existe déjà. Précisons simplement qu’il est globalement en phase avec ce que les marchés envisageaient. De nouvelles précisions vont être apportées quant à son élaboration. Nous verrons à partir de là. En revanche (et c’est peut-être le plus important), un pas considérable vient d’être réalisé dans la conduite de nos affaires européennes. Sommes-nous en train de nous diriger vers une vraie coordination des politiques budgétaires européennes ?

S’il est encore délicat de répondre par l’affirmative, tout le laisse en tout cas supposer. Mais rentrons dans le vif du sujet, et au risque de vous surprendre, ce que les Européens nous ont annoncé au petit matin de ce jeudi 27 octobre n’est pas le plus important. Certes, le sommet européen du 26 octobre aboutit à des mesures fortes concernant la Grèce, les banques et plus globalement la confiance que le monde économique est à nouveau en droit d’accorder à l’Europe. Schématiquement, on vient de nous expliquer comment l’Europe va s’organiser pour combler son manque de trésorerie et comment, en cas de besoin, elle vient de « s’armer » pour répondre à toute nouvelle attaque vis-à-vis de l’un de ses membres. Très bien, ce sont des points essentiels. Mais pendant que les uns et les autres sont en train d’analyser le plan annoncé et le critiquent déjà, beaucoup considèrent à juste titre, qu’il manque un volet primordial aux annonces faites, concernant très directement la croissance de demain. En effet, la mise en place des fonds de soutien européens, ou le développement des coordinations politique et budgétaire ne répondent pas à notre manque chronique de croissance. D’ailleurs, il n’aura échappé à personne que les solutions à nos problèmes européens débordent très largement des frontières de l’Europe, et pourraient être résolues avec le concours de l’Asie. Il n’aura également échappé à personne que le cas européen avait atteint un tel degré de risque que ce sont tous les principaux acteurs de la croissance mondiale qui ont, d’une façon ou d’une autre, prêté assistance aux principaux protagonistes européens. On ne peut par conséquent, qu’imaginer une réponse concertée et organisée avec le concours des principaux pays moteurs de la croissance mondiale.

C’est donc jeudi matin, dans une annonce passée quasiment inaperçue, que la Chine a annoncé au monde entier qu’elle nettoyait les dettes colossales de ses régions, et qu’elle abaissait le niveau des réserves de liquidité obligatoires au sein de ses banques, afin de développer la diffusion de crédits, dans le but de dynamiser sa croissance ! C’est un peu comme si, au matin du jeudi 27 octobre 2011, on nous avait annoncé que les gouvernants de la croissance mondiale venaient de lancer une fusée économique à deux étages. Le premier étage représente les solutions financières aux problèmes européens, qui étaient susceptibles d’anéantir la croissance mondiale. Le deuxième étage représente la dynamisation des échanges mondiaux, avec un carnet de commandes chinois qui vient de s’ouvrir à nouveau au monde. Certes, ce carnet de commandes chinois ne fera pas, à lui tout seul, la croissance mondiale, mais il représente un poids non négligeable et assurément un excellent catalyseur. Par conséquent, la réaction épidermique des indices boursiers ne semble pas si exubérante que ça. En effet, la baisse avait été très exagérée, mais surtout l’annonce du plan européen est une excellente nouvelle pour le secteur bancaire. En effet, une décote de 50% sur les emprunts grecs est inférieure aux estimations réalisées sur une base de 65% à 70%. Il est par conséquent logique d’observer un tel rebond du secteur bancaire et donc des places boursières. En revanche, la vraie question du moment, à laquelle les intervenants vont chercher à répondre est : la bourse peut-elle poursuivre sa hausse ? Là encore, nous répondons oui,…….avec néanmoins un petit bémol. En effet, les indices boursiers (surtout les grands indices américains, Dow-Jones et S&P 500) arrivent sur des zones de résistance quasi historiques et donc très difficiles à franchir (autour de 12 600 points sur le Dow Jones et 1 340 points sur le S&P 500). Il ne serait donc pas surprenant d’assister à une poursuite de la hausse jusqu’aux abords de ces niveaux, à laquelle devraient succéder des prises de bénéfices. Cette respiration permettrait aux indices de prendre un peu d’élan, afin d’enfoncer ces plafonds. Globalement, les paramètres boursiers restent positifs et permettent d’envisager une fin d’année sur des niveaux beaucoup plus hauts. À suivre et bons investissements.

© photos : Hans Reniers

Categories : Marché financier
Pascal Faccendini