Mar / 20

Comment investir en 2019 ?

By / Pascal Faccendini /

Si nous étions largement en droit de nous poser cette question en décembre dernier : « comment investir en 2019 ? », elle reste toujours d’actualité et a de grandes chances de le rester encore pour un bon moment : « comment investir en 2020, comment investir en 2021 ? »…etc.  

Nous allons bien sûr essayer de répondre à cette interrogation ou du moins de vous aider à trouver des réponses. Mais avant d’aborder ce sujet ou de passer en revue un catalogue de produits d’investissement, nous souhaiterions surtout répondre à une question qui nous semble importante : « que se passe-t-il dans l’économie ? » En effet, pour savoir où l’on va, il convient de comprendre d’où l’on vient… !

Donald Trump semble avoir une part de responsabilité importante dans le désordre actuel. Il est vrai que ses tweets sont très déstabilisants pour les marchés ainsi que sa façon de faire de la politique, surtout si on la compare à celle de son prédécesseur. Mais une fois que l’on a dit ça, il ne faut pas oublier que Donald Trump ne s’est pas autoproclamé président des États-Unis, il a été élu par des Américains. De la même façon, et quasiment partout dans le monde, nous pouvons observer une montée du populisme ou du nationalisme. La question par conséquent que nous pourrions nous poser, pourrait-être : mais que se passe-t-il aux États-Unis ? Pourquoi le Brexit envahit la Grande-Bretagne ? Comment le mouvement 5 étoiles se développe en Italie ? Pourquoi les gilets jaunes déferlent en France ?…etc. C’est à partir d’une bonne compréhension de ces réalités que nous pourrons envisager de réaliser des investissements cohérents, porteurs d’avenir et rentables.

Par conséquent, nous vous proposons de revenir un peu en arrière, 18 ans plus tôt, à un moment où le monde était en train de basculer dans la technologie et le numérique, dans un univers digital plein de promesses. La mondialisation battait son plein, le monde était « devenu plat » (la terre est plate – une brève histoire du XXI siècle – Thomas Friedmann) et l’usine du monde était la Chine (encore un peu vrai aujourd’hui). Les fantasmes les plus fous circulaient dans les couloirs de Davos où les grands dirigeants voyaient venir une croissance extraordinaire et dont l’endettement ne représentait aucun problème, puisque l’inflation allait faire son job en résorbant nos dettes. Bref, un doux rêve, qui 18 ans plus tard a laissé la place à une vision que l’on pourrait presque qualifier de cauchemardesque. Alors, que s’est-il passé ? Où avons-nous raté un virage… ?

Le premier point qu’il faut bien comprendre et qui a été très peu développé, est qu’avec l’arrivée de la Chine, « l’usine du monde », les prix à la production mondiaux ont quasiment été divisés par deux… ! En effet, avec l’arrivée de la Chine, la production mondiale n’a quasiment pas évolué. En revanche, la main-d’œuvre mondiale a été multipliée par deux en très peu de temps. Ceci a provoqué une dévaluation des coûts à la production, ils ont été divisés par deux… ! Dit autrement, les coûts chinois étaient tellement bas qu’ils ont tiré tous les prix à la baisse. C’est un choc mondial considérable, qui a rendu obsolètes toutes les autres usines dans le monde, toutes les chaînes de production…, toutes…, sauf en Chine… !

Dans les couloirs de Davos durant cette période, les dirigeants mondiaux considéraient qu’il était devenu illusoire de vouloir produire en dehors de la Chine. Tout le monde (ou presque) défendait l’idée d’une désindustrialisation. Par conséquent, il fallait conceptualiser dans des bureaux d’études en Europe, puis confier sa production en Chine pour qu’elle nous renvoie ensuite les produits finis par conteneurs ou par avions. La mondialisation battait son plein et le « développement durable », soutenable pour la planète, n’était pas franchement encore une idée à la mode. Sur le papier, cette organisation sociale et économique semblait pouvoir fonctionner…, mais à une seule condition…, c’est que l’on relève le niveau de compétence numérique des employés dans le monde, que l’on forme a cette nouvelle technologie des femmes et des hommes partout dans le monde, pendant que la Chine se concentrait sur une production à bas coûts. Nos dirigeants et autres chefs d’État se sont entendus sur cette vision mondiale et se sont engagés à la structurer.

Le temps est passé, de l’eau a coulé sous les ponts et rien ne s’est réalisé comme prévu. En effet, nos chefs d’État ont été absorbés par d’innombrables dossiers et autres problèmes insurmontables…, et personne n’a trouvé le moyen efficace pour former qui que ce soit. En fait, nos dirigeants de l’époque n’ont surtout pas réalisé que c’était utopique, et que pour organiser cette mutation vers le digital, il faudrait au moins une génération. En effet, des personnes qui avaient travaillé durant plus de 20 ans n’allaient pas pouvoir être « reprogrammées » du jour au lendemain. Et c’est ainsi que nous avons perdu nos forces dans cette bataille, que la Chine et les pays émergents (les BRICS) les ont accaparées et ont absorbé une part importante de nos anciennes croissances.

Notre développement économique a ralenti, tout comme nos investissements, rendant des dossiers très coûteux comme celui de l’intégration européenne, insurmontable pour plusieurs pays. Cette érosion de nos capacités financières a pesé sur nos états, mais également sur tous les peuples européens qui ont été plus lourdement mis à contribution, sur leur travail, leur salaire et leurs impôts. Partout dans le monde, ce coût à la production divisé par deux (sans compensation) nous amène où nous en sommes aujourd’hui, c’est-à-dire un repli sur soi. En effet, tous les peuples en veulent à la mondialisation et souhaitent surtout retrouver le monde d’avant, celui où la croissance économique permettait de maintenir « un État-providence ».

Et c’est ainsi que nous retrouvons partout dans le monde une montée du nationalisme, guidée dans cette voie par une Amérique qui sent que sa place de leader mondial lui échappe. L’Amérique dirige de moins en moins le sens de l’évolution de la planète et ne peut pas l’accepter. Il ne faut donc pas s’étonner de trouver à la tête des États-Unis un personnage comme D.Trump qui répond parfaitement aux attentes d’une classe moyenne déboussolée. Le monde ordonné, autour et par l’Amérique, que nous avons connu jusqu’en 2000 est terminé. Nous ouvrons une nouvelle page vers une nouvelle histoire qui est en train de s’écrire. Il est inutile de regarder en arrière en espérant retrouver ce monde-là, il est révolu. Nous avançons dans une nouvelle histoire que nous écrivons désormais au quotidien, dans une économie qui se transforme. La destruction/créatrice est en pleine action et n’est pas prête de s’arrêter.

Par conséquent, pour répondre à la question initiale, comment investir en 2019 ? Il ne faut surtout pas essayer de reproduire les investissements qui ont fonctionné dans le passé. Chacun comprendra que cela a peu de chance de fonctionner puisque le monde a totalement changé. Ah oui, j’allais oublier, le vieillissement de la population est une donnée fondamentale, mais nous ne l’aborderons pas ici. Vous pouvez retrouver tous les éléments dans cet article portant sur la démographie et influençant notamment l’investissement immobilier. Ce vieillissement de la population impacte considérablement les croissances des états et leur inflation (ou déflation). Nous devons bien sûr rechercher des pays jeunes axés sur des croissances fortes, plutôt que des pays vieillissants, plus stables, mais beaucoup moins rentables.

Nous serions d’ailleurs ravis de pouvoir développer avec vous ces différents points. Par conséquent, n’hésitez pas à nous contacter #CommentPouvonsNousVousAider.


© photos : Denys Nevozhai

Categories : Economie, H
Pascal Faccendini