Juin / 04

Et ça repart…….!

By / Pascal Faccendini /

Au lendemain d’une sévère correction enregistrée par la bourse chinoise, un vent d’euphorie est venu souffler sur les places boursières européennes. Les intervenants se demandent maintenant ce qui pourrait bien stopper l’envolée des marchés.

Toute les craintes, toutes les attentions, toutes les méfiances étaient portées dernièrement sur la bourse Chinoise. Tout le monde redoutait une forte correction de ce marché. Mercredi matin, l’Europe se réveille en apprenant la nouvelle, le Shanghai Index chute de 6.5%. Branle-bas de combat dans les états-majors des grandes banques, le pire est envisagé en fonction de l’ouverture de Wall-Street. Et puis,……..rien !!!!!

Wall Street ouvre timidement, s’oriente à la hausse et entraîne dans son sillage les autres places boursières. L’envolée des indices s’installe et les records tombent les uns derrière les autres. Les traders assistent au spectacle et se demandent maintenant ce qui pourrait bien stopper la hausse des indices boursiers. Une réponse semble s’imposer : plus rien. Les deux gros points noirs du moment se situent au niveau de la survalorisation de la bourse chinoise et de la santé économique américaine. Les actions menées par le gouvernement chinois afin de freiner l’exubérance de la bourse de Shanghai et ayant provoqué cette sévère correction, semblent en fait rassurer les marchés. Ces mesures sont considérées comme superficielles et ne suffiront pas à freiner la hausse de l’indice Chinois. Le flot de capitaux est tellement énorme, qu’une fois la correction passée, le marché repartira de plus belle. Un seuil sur les niveaux de 3800 points sur le Shanghai Index est évoqué et devrait servir de support.

En ce qui concerne l’économie américaine, les statistiques macro-économiques publiées jeudi et vendredi démontrent que les États-Unis continuent d’absorber les chocs, et les analystes envisagent désormais des niveaux de croissance US supérieurs. Ceci écarte toutes perspectives de baisse des taux sur le dollar et renforce par conséquent le billet vert. On sait que le risque principal pour l’économie américaine réside dans la répercussion éventuelle de la chute de l’immobilier résidentiel sur le moral des ménages et, par conséquent, sur leur consommation qui représente 70% environ du produit intérieur brut. Qu’en est-il au juste? Les ventes de logements neufs ont bondi de 16.2% en avril, ce qui constitue la plus forte hausse enregistrée depuis 14 ans. Bien sûr, ce rebond intervient après plusieurs mois de chute libre et s’appuie sur une baisse record des prix de vente de 11% sur le mois. Cela traduit en quelque sorte la volonté des promoteurs d’écouler les stocks accumulés. Difficile de dire si ces stocks sont en voie de résorption, mais ce qui est sûr, c’est que les ménages conservent un excellent moral, comme en atteste la hausse de l’indice de confiance du Conférence Board en mai (publié à 108 après 106.3 en avril). Les ménages perçoivent la situation actuelle et celle à venir de manière plutôt favorable. De tels chiffres autorisent non seulement d’anticiper une révision à la hausse des statistiques de comptabilité nationale du premier trimestre mais également à dresser de meilleures perspectives pour les mois à venir.

En Europe, la conjoncture demeure dans une phase de renforcement, après la publication d’une croissance du PIB plus forte que prévue au premier trimestre. l’OCDE a exprimé dernièrement dans ses perspectives économiques de printemps que l’économie mondiale demeurait dans une situation très favorable et que la zone OCDE devrait dépasser son taux de croissance potentiel pendant le reste de l’année 2007 et au cours de l’année 2008. Le Japon semble être sur une trajectoire solide. Quant à l’Inde et aux pays émergents d’Asie… n’en parlons même pas. Bref, les marchés semblent désormais regarder devant eux en direction des sommets, surtout que les opérations de fusions acquisitions ne faiblissent en rien. Où va la bourse, sur quel objectif, et pendant combien de temps va durer la hausse, très difficile à dire, mais la photographie instantanée ne traduit en rien une gêne pour les entreprises à réaliser de très bonnes affaires et à dégager des bénéfices conséquents.

© photos : Annie Spratt

Categories : Marché financier, PNC
Pascal Faccendini