Oct / 17

Crise européenne et résolutions.

By / Pascal Faccendini /

Portés par l’espoir d’une résolution rapide de la crise européenne, les marchés poursuivent leur progression. Pourtant, le discours très positif de nos dirigeants contraste très nettement avec la réalité de l’avancée de leurs négociations. Tout reste à faire, la solution n’est toujours pas finalisée…

À en croire nos dirigeants européens, ça y est, la solution est prête. La France et l’Allemagne se seraient d’ailleurs parfaitement entendues sur les termes d’une résolution de grande ampleur afin de répondre aux exigences économiques qu’impose la crise européenne. Très bien, serait-on tenté de dire,…..mais quels termes ? Aux antipodes de ce discours très politique, la réalité des négociations démontre que personne n’est d’accord sur rien, sauf peut-être sur un point : il faut aider l’Europe qui en a grand besoin et le plus rapidement possible, car le temps est désormais compté. Les tergiversations de nos politiques sont en train de créer un blocage économique qui fait pencher dangereusement nos économies vers une récession. En fait, de nombreux accords doivent déjà exister, notamment entre la France et l’Allemagne. Mais le plus grand problème, qui reste pour l’heure insoluble, se trouve dans le fait que les parties prenantes aux négociations « prêchent pour leur propre paroisse » et qu’ils se retrouvent systématiquement dos à dos, tellement leurs intérêts sont divergents. Car le problème n’est plus désormais d’aider la Grèce ou même l’Europe mais de sauvegarder la croissance mondiale et les investissements.

Tous les grands pays ayant un poids dans ce commerce mondial sont donc concernés, et chacun d’entre eux trouve dans cette négociation en faveur de l’Europe un axe pour faire avancer ses propres intérêts dans le cadre de son développement mondial. La crise a maintenant atteint un tel niveau que l’Europe seule n’y arrivera pas. Par conséquent, l’Allemagne souhaiterait que chaque pays s’occupe chez lui de ses propres problèmes et trouve ses propres solutions de financement. Cette solution relativement simple n’est malheureusement pas envisageable, car la France ne pourrait porter secours à ses banques sans s’exposer dangereusement et annuler le triple A « AAA » de sa dette souveraine, ce qui précipiterait encore un peu plus la crise en avant. Il faut donc trouver des capitaux ailleurs. La BCE a donc dans un premier temps été sollicitée. Jean-Claude Trichet s’est très clairement exprimé en indiquant que la « planche à billets » européenne avait maintenant suffisamment tourné et qu’il faudrait dorénavant trouver des capitaux ailleurs…, en dehors des frontières européennes. Une nouvelle idée est donc apparue. Elle consiste à doter le FMI de plus de capitaux (autour de 350 MM$) et notamment à aller chercher ces liquidités en Asie, en Russie ou au Brésil…, bref, là où se situent la croissance aujourd’hui ainsi que les réserves de changes. Mais avec grand plaisir, ont répondu les pays émergés tout en sortant leurs chéquiers,…mais en échange nous souhaiterions simplement bénéficier du même poids (ou pouvoir) au sein du FMI que vous autres, Européens et Américains…

L’autre gros Si pour certains cette question peut être débattue, pour l’Amérique en revanche, la question ne se pose même pas, elle y est farouchement opposée. Voilà où sont aujourd’hui les avancées « concrètes » vers une réponse « rapide ». Rien n’est finalisé et tout reste en négociation, sans la moindre solution à présenter aux marchés financiers qui devraient vraisemblablement commencer à trouver le temps un peu long. En effet, l’indécision des politiques est en train d’autoalimenter un ralentissement économique vers…, mais nous n’en sommes pas encore là. Ce que nous pouvons imaginer, vu la tournure que prennent les événements, se profile autour de deux axes possibles : soit la réponse tarde à se matérialiser et les places boursières, tout comme la croissance mondiale, se retrouvent fragilisées ; soit l’urgence de la situation impose de répondre favorablement aux exigences des pays émergés (c’est-à-dire que l’Amérique accepte de diviser son pouvoir au sein du FMI) et nous sommes face au début d’un grand bouleversement des relations entre les principaux blocs économiques. Les marchés financiers y verraient de leur côté un apport massif de cash, qu’ils salueraient comme il se doit par la naissance d’une vraie tendance haussière. La suite à plus long terme serait sûrement moins positive, mais les marchés qui réagissent au jour le jour ne considèrent pas ces notions de long terme. Une toute nouvelle idée peut encore éclore, mais le contexte présent donne aux pays émergés une très belle opportunité qu’ils devraient saisir fermement. À la vue de ces différents éléments, il nous semble que les places boursières sont montées un peu vite, entraînées par de simples espoirs (vide de réalité). Par conséquent, les indices boursiers pourraient maintenant marquer une pause. Cette pause pourrait représenter une opportunité de renforcer nos positions en actions, en vue d’une résolution proche de cette crise…, À suivre, bons investissements…

© photos : Frederic Koberl

Categories : Marché financier
Pascal Faccendini