Juin / 02

Fin de la globalisation des échanges ?

By / Pascal Faccendini /

les statistiques économiques continuent de traduire une décélération de nos économies. Ce scénario est d’ailleurs tellement présent, qu’il pousse certains à envisager la fin de la globalisation des échanges.

Enfin ! Les prix pétroliers commencent à s’assagir et permettent par conséquent aux économies de respirer un peu. Les places boursières reprennent également une bouffée d’oxygène et remettent à l’honneur les valeurs qui avaient été massacrées pour cause de pétrole cher, à l’image d’Air France KLM qui regagne 6.11%. Surtout, n’allez pas imaginer que nous sommes à l’aulne d’une décrue importante des prix pétroliers. Les spécialistes estiment que les niveaux de 100 $ devraient être quasi infranchissables de par une offre pétrolière mondiale qui a du mal à se développer. Il semblerait par conséquent que nous soyons face à l’obligation de nous habituer à ce pétrole cher, mais surtout aux conséquences qu’il produit sur nos économies.

Si l’on pense essentiellement à la hausse des prix qu’il alimente, il ne faudrait pas oublier la part de déstabilisation qu’il provoque dans les comportements d’achats ou d’investissements chez les consommateurs, industriels, et autres acteurs économiques qui ne savent vraiment plus quoi penser de tout ça, et comment appréhender ou imaginer de quoi demain sera fait et comment va évoluer la mondialisation. La crise de la consommation est donc une réalité, les industriels n’ont plus de visibilité et tout ça se retrouve dans les indices de confiance qui enregistrent une véritable « bérézina ». C’est ainsi que l’indice INSEE du climat des affaires en France chute nettement, l’indice INSEE de la confiance des consommateurs pour la France s’effondre en atteignant un plus bas de 21 ans (cet indice a été créé en 1987, et il n’a jamais atteint les niveaux sur lesquels il se trouve actuellement), la confiance des ménages aux USA enregistre les mêmes déboires en atteignant un plus bas de 16 ans…etc. Il ne faut pas s’étonner à partir de là de retrouver des scores, sur l’immobilier par exemple, tout à fait détestables. En France, le nombre des transactions a chuté de 30% depuis le début d’année et les stocks à l’offre sont quasiment sur un niveau historique !!! Si on ajoute à cela la hausse des prix alimentaires, les nouvelles concurrences internationales qui mettent à mal nos industries et leurs stratégies (voir l’assemblée générale d’Alcatel) et l’incontournable crise financière qui a révélé au monde que les banques étaient en réalité des casinos (voir l’assemblée générale de la Société Générale), il ne faut pas s’étonner qu’une grogne enfle et cherche bien évidemment un coupable, ou un bouc émissaire et pour le moins, une compréhension de cette drôle de période.

Après tout, c’est vrai…, mais qu’est-ce qui se passe ? Où y a-t-il eu une erreur d’aiguillage ? Mettez-vous trente secondes à la place des Américains. De rangs de prédateurs, ils se retrouvent au rang de proies… La pilule est dure à avaler : les capitaux émergents, émergés et surtout souverains se déversent sur le sol américain battant en brèche tous les standards du capitalisme mondial connus jusqu’alors….., Capitalisme…, Mondial……, Mondialisation….., Mais c’est ça !!! C’est la faute de la mondialisation ! Et c’est ainsi qu’un beau matin de 2008, des esprits bien pensants ont commencé à tourner autour de la mondialisation et ont commencé à faire émerger l’idée qu’après tout, ce jeu ne valait peut-être plus le coup d’être joué. Tout d’abord, il ne faut pas confondre mondialisation et globalisation. La mondialisation est historique, elle est quasi irréversible. La globalisation en revanche … Les génies qui ont pensé, imaginé et mis en place la globalisation des échanges, ont au départ profité d’un pétrole attractif, qui a permis à grand renfort d’Internet d’aplatir les frontières, les régions, les cultures……, la terre était devenue plate. Mais la hausse des matières premières et surtout le coût du transport, la rendent à nouveau extrêmement ronde et de plus en plus ronde au fur et à mesure que le pétrole monte. Des études ont montré que pour 1 $ de hausse sur le pétrole, le coût du transport augmente de 1%. Et puis, le jeu de la mondialisation, non…, la globalisation, « faisant qu’avant (dit la vox populi), on perdait des emplois, mais on s’y retrouvait en tant que consommateur avec des prix qui étaient tirés vers le bas. Mais aujourd’hui, terminé, on est perdant partout ! Bref, après avoir instauré cette globalisation et bien sûr, en avoir profité allégrement durant des années, voilà désormais qu’elle se retourne contre ses créateurs.

Il ne faudrait, par conséquent, pas trop s’étonner des tournures « rigides » que pourrait prendre par exemple le cycle des négociations des accords de DOHA dans le cadre de l’OMC. Si la globalisation devait être remise en cause, ce serait toute une remise en question du commerce mondial. Comment dites-vous ? Ça ne s’arrange pas, non, effectivement, pas vraiment… On pourrait même considérer que le dossier s’épaissit encore un peu plus. À suivre…

© photos : Sergio Souza

Categories : Marché financier
Pascal Faccendini