Oct / 01

Grande hésitation.

By / Pascal Faccendini /

Après avoir été propulsés à la hausse par la Réserve Fédérale Américaine, les marchés financiers semblent être rentrés dans un round d’observation. Ni très haussiers, ni très baissiers, ils semblent attendre que quelque chose se décrispe quelque part…

Les places boursières semblent être rentrées dans un round d’observation…, à moins qu’il ne s’agisse plutôt d’une réelle indécision. Mettons nous trente secondes à la place d’un gérant actions d’une grande banque. Ce qu’il est en train de se dire c’est que la période est pour le moins ambiguë. D’un côté, ce gérant n’a qu’une envie, prendre des bénéfices avant d’y voir plus clair, mais dans le même temps, il constate que les indices semblent vouloir progresser. L’euro est sur des records, à tel point que cela commence à inquiéter les allemands et la commission européenne. Le baril de pétrole est également sur un niveau record et l’économie américaine doit en toute logique ralentir, tout comme l’immobilier et la consommation des ménages. L’économie anglaise est elle-même menacée de ralentissement, ainsi que son marché immobilier, et l’on peut plus globalement considérer que l’Europe est dans le même contexte. Les bourses asiatiques sont sur des niveaux record, voire stratosphériques pour la Chine. Le Japon est rentré dans une crise politique et la bonne ambiance qui prévalait en Europe, suite à l’élection de Nicolas Sarkozy, est en train de laisser la place à des crispations en tout genre notamment entre la France et l’Allemagne qui commence à trouver le « trublion Président Français » franchement énervant.

Les syndicats, de leur côté, voyant poindre à l’horizon des réformes «déplaisantes» ont déjà pris position dans les «starting-blocks», prêts à partir à la première incartade. Bref, un climat pas franchement propice pour faire décoller les indices boursiers,…. et pourtant ils tiennent. Cette bizarrerie qu’observe ce gérant actions et qui le plonge en pleine perplexité est présente grâce à un schéma très simple. La bourse regarde le devenir économique, c’est un fait, mais peut-être encore plus le flux de liquidités. Or, actuellement, ce flux ne se tarit pas, au contraire, il pourrait même se développer. Les marchés financiers ont été rassurés par les derniers propos de la FED qui les a canalisés vers de nouvelles baisses de taux à venir, si bien que toutes les mauvaises statistiques macro-économiques qui sont communiquées ne font que confirmer ces futures baisses de taux. Et puis, il y a surtout ces continuelles injections de liquidités émanant des banques centrales qui se sont mises maintenant à porter directement dans leurs bilans les emprunts hypothécaires défaillants.

Ainsi la FED a accepté, à plusieurs reprises, d’injecter des capitaux en prenant en échange diverses formes d’emprunts obligataires dont des créances immobilières titrisées. Cela revient à dire que la FED porte directement des «Commercials Papers» qui n’ont pu être refinancés dans de bonnes conditions. Avant d’aller plus en avant, il faut bien prendre conscience d’un paramètre essentiel : la crise estivale est aujourd’hui terminée. Le marché interbancaire n’a toujours pas retrouvé son fonctionnement normal, mais il n’y a plus de crise ouverte puisque les banques centrales payent tout ce qui se présente. Inlassablement, jour après jour, elles poursuivent leurs injections de liquidités, espérant que la confiance reviendra au fil du temps. Par conséquent, si la confiance n’est toujours pas présente, la liquidité elle, est bien présente en masse suffisante pour faire revenir les indices américains sur leur record historique. Mais oui, Wall Street a totalement résorbé la crise estivale, et les très symboliques 14 000 points sur Dow Jones sont à portée de main. Le retard enregistré par les indices européens peut être mis en partie sur le dos de l’euro fort, mais c’est une autre histoire.

Par conséquent, notre gérant actions n’a, pour l’instant, aucune intention d’achat même s’il constate que les marchés montent ou tout du moins se tiennent, aidés en cela par les banques centrales qui dépensent des fortunes pour essayer de camoufler aux yeux des investisseurs une bien triste réalité financière. Le problème du moment est que nous rentrons dans le mois d’octobre, synonyme de baisse des températures comme de l’enthousiasme des marchés revenus sur des records à Wall Street. Ce sont surtout les parutions des résultats trimestriels qui démarreront le 9 octobre, et au travers desquelles les intervenants pourront enfin avoir des éléments concrets sur l’état des bilans bancaires, qui vont animer le marché. Face à ces différentes échéances, le gérant actions se dit qu’il faudrait de très grosses surprises pour que les indices poursuivent leur hausse. Par conséquent, il est encore plus enclin à prendre des bénéfices. Ce sont les parutions des trimestriels bancaires qui ont toutes les chances de faire ou défaire les marchés. S’ils sont jugés positifs, les marchés pourront poursuivre leur progression ; dans le cas contraire, une prise de bénéfices s’opérera. La zone de 5800 – 5850 points sur le CAC 40 devrait être fortement négocié entre les haussiers et les baissiers, d’autant qu’elle pourrait être rejointe au moment où le Dow Jones atteindra ses records historiques. Une prudente prise de bénéfices semblerait logique avant d’y voir plus clair… Bons investissements, à suivre.


© photos : Vidar Mordli Mathisen

Categories : Marché financier
Pascal Faccendini