Oct / 03

Investissements, Grèce et croissance.

By / Pascal Faccendini /

Le vote du parlement allemand, entérinant le plan de relance du 21 juillet en faveur de la Grèce, apporte une véritable bouffée d’oxygène aux marchés. La parution de statistiques macro-économiques meilleures que prévu confirme cette bouffée d’oxygène. Mais le dossier grec reste très « épineux » et les marchés ne sont pas convaincus qu’il sera résolu rapidement. Néanmoins, nous constatons une amélioration du moral des intervenants.

Le vote allemand favorable au plan d’aide du 21 juillet en faveur de la Grèce est, à n’en point douter, une excellente nouvelle pour la Grèce et l’Europe. Une femme, Angela Merkel, doit de son côté savourer une formidable victoire sur ses détracteurs. En effet, la très large majorité affichée par le Bundestag dans le cadre de ce vote, la stabilise et lui redonne le crédit politique qui commençait à s’effriter autour d’elle. Bon…, l’Allemagne vient de donner son accord sur le plan de relance, très bien…, l’Europe dans son ensemble devrait suivre l’exemple allemand, parfait… Mais malheureusement, il y a un bémol, on pourrait même dire un gros bémol. En effet, ce plan avait été décidé le 21 juillet dernier au regard de la situation du moment. Mais depuis, et comme tout le monde aura pu le constater au travers de la crise estivale, la situation de la Grèce, de l’Europe, des banques…etc, s’est globalement dégradée.

Par conséquent, le plan qui vient d’être validé est totalement obsolète !!! Il faut par conséquent que l’Europe politique reparte à nouveau sur le terrain des négociations afin d’essayer une nouvelle fois de gommer ses divergences. L’Europe doit en plus composer avec un problème inextricable. En effet, pendant qu’elle se réunit et passe du temps à négocier entre états, les marchés et l’économie avancent de leur côté, deux fois plus vite. Le « temps » des marchés s’écoule beaucoup plus vite que celui des institutions européennes qui ont besoin de leur « temps » nécessaire pour négocier, se mettre d’accord et arrondir leurs angles. Par conséquent, le nouveau sujet dans lequel nous entrons maintenant concerne la taille du fonds de soutien européen (le FESF) et la façon dont il va être utilisé. D’un coté, nous trouvons le clan de ceux qui souhaitent augmenter sa taille par le biais de mécanismes financiers ou d’injections monétaires supplémentaires, de l’autre, nous trouvons les Allemands et quelques pays du nord qui ne veulent même pas en entendre parler. Le problème est que si l’Europe souhaite apporter plus de « liquidité » dans ce fonds, il lui faudra obligatoirement passer par un nouveau vote au Bundestag et le moins que l’on puisse dire est que ce n’est franchement pas gagné par avance. Voilà donc la Grèce, l’Europe, et plus globalement le système monétaire international, pris à nouveau dans le tourbillon de cette course contre la montre, marchés contre institutions européennes.

L’autre gros paramètre de ce même sujet concerne la croissance des principaux états, au premier rang desquels nous trouvons la Grèce et l’Europe, mais plus largement le monde entier, de par la sphère mondialisée de nos échanges. D’ailleurs, l’un des principaux paramètres ayant plongé les marchés dans la crise estivale est le constat d’un manque de croissance et d’un risque grandissant de retour en récession qui aurait pu limiter le soutien européen envers la Grèce. En revanche, si les marchés constatent le retour d’une croissance stabilisée, ils considéreront que tout redevient possible et seront prêts à donner plus de temps à l’Europe pour organiser la restructuration de la Grèce et sa « vision d’avenir ». L’état actuel des indicateurs économiques ne présente pas encore une croissance mondiale parfaitement stabilisée. À titre d’exemple, une statistique chinoise a inquiété les marchés vendredi. Néanmoins, l’idée d’un retour en récession est en train de se dissiper. Par conséquent, même si le dossier européen reste encore chaotique, et même si 100% des données économiques ne sont pas encore au « beau fixe », il semble bien qu’un stade soit franchi dans cette crise. Les marchés ne sont pas encore revenus à des anticipations de vraie croissance dans les principales zones économiques internationales, mais les statistiques démontrent que cette tendance est en devenir. Il semble par conséquent que nous sommes concrètement en train de sortir de la crise estivale, que les indices boursiers présentent un vrai potentiel d’appréciation, même s’ils devraient rester encore un peu mouvementés au gré des parutions économiques. L’attention des marchés va se maintenir sur l’évolution du dossier grec, mais va se concentrer peut-être davantage sur les indicateurs en rapport avec la croissance des principaux pays.

© photos : George Kourouni

Categories : Marché financier, PNC
Pascal Faccendini