Nov / 07

Tragédie Grecque.

By / Pascal Faccendini /

Le « coup de théâtre » grec a pris les marchés à contre-pied et a fait voler en éclats tous les espoirs de rebond des places boursières. La situation politique européenne reste très évolutive et demeure au centre des préoccupations. L’Italie commence également à inquiéter les intervenants. Il va être difficile dans ce contexte d’apaiser les marchés…

Tout allait bien en ce début de semaine, jusqu’à ce que le monde entier soit confronté à cette annonce de referendum grec…, stupeur générale. Nous connaissons la suite et avons été spectateurs de ce psychodrame grec et européen, qui s’est littéralement emparé des marchés. Une nouvelle fois, on ne parle plus d’économie, mais de politique au sein des salles de marchés. Tout le monde espère que la tragédie sera évitée.

Le problème aujourd’hui n’est plus seulement grec, mais également italien et pour certains d’ailleurs, l’Italie retient toute l’attention. En effet, Silvio Berlusconi ne semble plus « tenir » l’Italie et là encore, une bataille politique s’annonce. La dette italienne se retrouve par conséquent en première ligne avec des taux à 10 ans qui atteignent des niveaux historiques (autour 6.4%, contre moins de 2% pour le taux allemand et 3% pour le taux français). En marge de ces préoccupations, des signes très positifs sont présents et permettent toujours d’imaginer que nous sommes simplement confrontés à une sorte de « parenthèse temporaire » dont nous pouvons nous extraire rapidement. L’un des plus beaux signaux positifs de la semaine est sans conteste l’arrivée à la BCE de Mario Draghi. Il a immédiatement été intronisé par les marchés en « Super Mario ». En effet, la BCE a surpris tout le monde en décidant d’abaisser ses principaux taux directeurs de 25 pbs afin de soutenir l’activité économique. Cette décision, qui n’était pas attendue aussi rapidement, laisse présager une certaine inflexion dans la politique monétaire de l’institution. En effet, la BCE semble faire le choix de moins se cantonner à sa mission première de stabilité des prix. Mario Draghi a également annoncé que l’institution maintenait ses mesures non conventionnelles d’octroi de liquidités et d’achats d’obligations souveraines, aussi longtemps que les conditions financières le nécessiteront. Bref, un parfait sans-faute.

Un autre signal positif est envoyé cette fois par les pays du G20 à l’issue du sommet de Cannes. Les pays du G20 semblent préparer une sortie de crise par le biais d’une coordination à l’échelle mondiale afin d’éviter un ralentissement économique. Les pays du G20 souhaiteraient réduire rapidement les déséquilibres qui menacent la croissance. Pour ce faire, les pays ayant des excédents commerciaux et des marges de manœuvre budgétaires (Allemagne et Chine en tête) devront mettre en place des mesures favorisant leur demande intérieure. Cela passe notamment par des incitations à la consommation, à travers des hausses de salaire ou un abaissement du taux d’épargne. Pour les pays fortement endettés (Italie, France, Royaume–Uni et Etats-Unis), l’enjeu est de réduire leurs déficits sans compromettre leur croissance à court terme, en mettant en place une réduction de leurs dépenses ou des hausses d’impôts. Un autre point reste en cours de négociation et concerne le renforcement des pouvoirs du FMI. Ce point ne semble d’ailleurs pas près d’être éludé. En effet, les pays émergents y sont favorables, notamment dans le but d’augmenter leur propre pouvoir au sein de l’institution. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni y sont, de leurs côtés, farouchement opposés. Plus globalement, les perspectives de croissance ne sont pas (encore) véritablement affectées. Tout se joue sur le terrain de la confiance et donc du temps que vont prendre ces aléas politiques pour être rectifiés. Dans l’immédiat, tous les regards sont donc tournés vers la Grèce et l’Italie… À suivre…

© photos : Joao Marcelo

Categories : Marché financier
Pascal Faccendini