Jan / 24

Comment être un (e) investisseur efficace en 2023. Quelques conseils pour réussir vos investissements.

By / Pascal Faccendini /

En 2023 et vraisemblablement durant de nombreuses années, l’évolution des prix va rester l’un des principaux déterminants de vos investissements. Tout indique que les prix vont encore monter et que cette érosion monétaire sera la référence des stratégies d’investissements réussis. Vous allez donc vous retrouver face à des décisions parfois compliquées, car il vous faudra viser des rendements plus importants. Par conséquent, vous allez être confronté à des pièges, de fausses bonnes idées et des placements à fuir absolument. 


Les taux d’intérêt devraient encore monter. Pourquoi ?

Dans les salles de marchés, tout le monde part d’un principe très simple : 4 % devient le nouveau 2 % !

En termes plus clairs, la norme ou la cible des politiques monétaires ne sera plus le 2 % d’inflation dont nous avons bénéficié durant de nombreuses années, mais va plutôt se situer autour de 3 ou 4 %. Cette nouvelle réalité est tout autant souhaitée qu’elle nous est imposée par un contexte géopolitique pour le moins « très évolutif ».

Les matières premières vont être l’un des principaux catalyseurs de ces futures hausses des prix. À titre d’exemple, en ce début d’année tout le monde se satisfait du retour de la Chine : c’est l’une des principales bonnes nouvelles. Si l’ouverture chinoise va alimenter la croissance mondiale, elle va inévitablement dynamiser la demande de matières premières et en faire monter les prix. Ce contexte chinois devrait donc induire davantage de hausses de taux et une plus grande incertitude dans le contexte économique.

La fin de la mondialisation que nous sommes en train de vivre en accéléré, notamment en raison de la guerre en Ukraine, nous propulse dans une nouvelle forme de globalisation. Elle est cette fois bipolaire, et elle devrait de plus en plus se révéler autour des zones d’approvisionnements et d’extractions des matières premières. De nouvelles contraintes juridiques très fortes ou de garanties de bons acheminements de ces denrées rares devraient contraindre la recherche, et donc la découverte de nouveaux gisements. Par conséquent, une demande qui se renforce, mais accompagnée d’une offre qui ne suit pas, alimente inévitablement la hausse des prix. Ce contexte porte des tensions inflationnistes. D’autres exemples sont présents, mais limitons-nous ici aux principaux.


Quelle stratégie d’investissement face à l’inflation ?

Vous allez avoir le choix entre différentes façons d’appréhender ce nouveau contexte. Mais dans tous les cas il vous faudra accepter plus de risques, ou bien d’engager vos finances personnelles ou professionnelles sur des timings plus longs. Vous êtes par conséquent face à quatre types d’actifs qui, en fonction de votre durée d’investissement et de la période considérée, peuvent se révéler rentables ou catastrophiques. En effet, en dehors de très rares exceptions, il est probable que la volatilité de ces différents actifs augmente, notamment en raison de l’instabilité géopolitique dans laquelle nous nous trouvons. Il vous faudra donc déterminer vos choix entre l’immobilier, les actions, les obligations, et les matières premières.


L’immobilier.

L’immobilier est l’exemple type de la fausse bonne idée, du moins en fonction de la façon dont vous allez l’aborder. Oui, c’est vrai : durant les années 70, l’immobilier représentait un rempart contre l’inflation. Un investissement locatif, agrémenté d’un locataire payant régulièrement ses loyers, était la parade contre l’érosion monétaire. Cette idée est restée ancrée et si nous retrouvons autant d’immobilier dans le patrimoine des Français c’est en partie lié à la référence de cette période. Hélas, entre cette époque et notre quotidien, il y a une énorme différence.

Dans les années 70, il y avait ce que les économistes appellent « une boucle prix/salaires », c’est-à-dire que l’inflation entraînait un réajustement des salaires à la hausse, qui maintenait le pouvoir d’achat des ménages et permettait d’assumer la hausse des prix des biens physiques comme l’immobilier.

Aujourd’hui, c’est tout l’inverse. Les salaires ne sont plus indexés sur l’évolution des prix à la consommation de l’Insee. Cette hausse des prix contraint les ménages et freine leur pouvoir d’achat.

Par ailleurs, l’immobilier est soumis à de nombreuses normes énergétiques obligeant les propriétaires à réaliser divers travaux, érodant encore un peu plus la rentabilité réelle de leur investissement.

Mais il y a encore plus important. Le nouvel acronyme « ZAN » (Zéro Artificialisation Nette) apporte une véritable révolution à ce marché. Cette norme oblige à reconsidérer totalement les plans d’urbanisme et ne simplifie pas du tout la vie de l’investisseur immobilier. À terme, ce « ZAN » va totalement chambouler le marché immobilier et là où se trouve la valeur.

Mais rassurez-vous : s’il est appréhendé comme il convient, l’immobilier va représenter un bon placement. Si les SCPI ou foncières traditionnelles ne semblent pas la meilleure idée (car soumis à de très lourds investissements sur leurs portefeuilles existants, affectant leur rentabilité), il existe néanmoins des fonds parfaitement adaptés et très bien gérés. Si vous êtes prêt à prendre en compte la réalité de ce paysage immobilier en devenir, alors vous pourrez escompter des rendements supérieurs à l’inflation.


Les actions.

La rentabilité des actions sur longue période n’est plus à démontrer. Par conséquent, l’une des pistes à suivre pour dynamiser la performance d’un patrimoine se situe en partie ici, au sein d’un portefeuille boursier. Mais avant de placer une épargne ou de faire un investissement pour optimiser une rentabilité, il faut bien comprendre qu’ici aussi, il y a le meilleur comme le pire.

À titre de référence, les performances boursières de l’automne 2022 ont été meilleures que prévu malgré des risques élevés liés à l’invasion de l’Ukraine, un choc énergétique majeur et une remontée violente des taux directeurs américains. Dans cette continuité, des interrogations restent présentes pour l’année boursière 2023.

En effet, le rallye haussier de la fin 2022 pourrait s’avérer « accommodant ». Les taux d’intérêt devraient encore progresser en Europe et aux États-Unis, ce qui devrait peser sur des secteurs boursiers plus sensibles. Les inquiétudes géopolitiques n’ont pas disparu et les progressions des bénéfices par action sur le Stoxx 600 sont très modérées, avec seulement +2 % de progression attendue pour 2023.

En fait, il n’y a pas de grand mystère. Dès l’instant où les banques centrales doivent encore faire progresser leurs taux directeurs, les marchés boursiers se trouvent, dans leur globalité, fragilisés.

Le consensus considère que l’année va se scinder en deux temps : un premier semestre de hausse de taux, par conséquent plus compliqué pour les actions ; puis un second semestre plus neutre sur les taux directeurs. Ce serait donc à la suite d’un point bas atteint durant le premier semestre que vous disposeriez de toute la latitude souhaitée « pour faire votre marché ».

Mais bien sûr, la réalité n’est jamais aussi simple et dès ce début d’année, un « bras de fer » apparaît sur les places boursières. D’un côté, les gérants qui font monter les cours en prétextant que l’inflation ralentit ; et de l’autre, les banques centrales qui rappellent qu’elles vont maintenir la progression des taux escomptés, car la bataille contre l’inflation n’est pas terminée. Les marchés auraient-ils oublié ? « Don’t fight the FED ! » 

La question centrale reste centrée sur l’inflation, que les marchés voient diminuer peut-être un peu trop rapidement. Quoi qu’il en soit vous devez viser en 2023 des secteurs peu sensibles à la hausse des taux, avec un potentiel de croissance des BPA attrayant, présentant une décote de valorisation, disposant d’un potentiel de rattrapage par rapport à la révision des BPA et avec une composante cyclique.

Nous reviendrons sur ce point, mais vous pouvez vous inscrire à notre Newsletter ICI, afin de recevoir des infos spécifiques ou questionner nos experts.

Les obligations.

À moins que vous soyez un grand spécialiste des marchés obligataires, nous allons dans un premier temps vous proposer d’observer ces marchés, très techniques et ayant toutes les « chances » de vous décevoir durant un premier semestre.

En effet, l’ouverture de la Chine n’était pas anticipée par les analystes, qui sont encore face à de nombreuses interrogations sur l’impact que cela va avoir (croissance, inflation, reconfinement ?). Il nous semble par conséquent que lors de ce premier semestre 2023, d’autres solutions plus attractives s’offrent à vous.

Nous reviendrons également sur ce sujet plus tard. En revanche, si vous détenez des obligations et si vous êtes face à des performances décevantes, vous pouvez nous contacter ICI, afin de questionner nos experts.


Les matières premières.

Tout indique que nous devrions obtenir d’excellentes performances sur les matières premières. Quand nous évoquons les matières premières, nous faisons essentiellement référence à l’énergie et aux métaux. Lorsque l’on évoque la transition énergétique ou le retour de la Chine sur la scène mondiale, les matières premières sont intimement liées à ces sujets.

Dans cette classe d’actifs, c’est l’évolution du dollar qui va être primordiale, ainsi qu’un déficit d’offre pour une demande en hausse. Vous pouvez également obtenir d’excellents retours sur investissements en investissant directement sur l’indice CRB ou « CRB Commodity Index », qui représente un panier de matières premières au sein duquel le pétrole est très bien représenté (25 % du panier global).

Ces marchés sont plus techniques et volatils, mais ils vont rester au centre des évolutions géopolitiques auxquels nous allons rester confrontés. À ce titre, ils restent incontournables.


Comment être un bon investisseur en 2023 ?

L’année 2023 démarre très fort, peut-être même un peu trop ! Dans l’immédiat, ce qui est important, c’est le bras de fer entre la FED et les marchés autour d’une vision sur le devenir de l’inflation.

Si nous devons résumer et répondre à la question posée, nous dirions que pour être un bon investisseur en 2023, vous avez deux possibilités : si vous souhaitez vous occuper « de loin » de vos investissements, l’immobilier, comme nous l’avons défini, serait plutôt votre solution ; si vous souhaitez en revanche vous intéresser de près à vos investissements et rechercher une rentabilité supérieure, les places boursières vous tendent les bras. Mais ce qui va être déterminant, c’est le timing… À suivre…


Photo : Vidar Nordli Mathisen.

Pascal Faccendini