Juil / 10

Faut-il investir dans la blockchain et l’intelligence artificielle ?

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Intelligence Artificielle, blockchain ou encore IoT sont désormais des technologies que l’on ne présente plus. De façon assez paradoxale, elles semblent faire l’objet à la fois de louanges générales et souffrir d’un manque d’investissements.


L’écart d’investissement est tel que la Banque Européenne d’Investissements tire aujourd’hui la sonnette d’alarme dans un rapport : l’Europe est à la traîne sur les sujets de l’IA et de la blockchain*. Des technologies qui possèdent pourtant des applications potentielles multiples : services gouvernementaux, finance, fabrication, soins médicaux…


Si cette situation semble déranger à Bruxelles, que faut-il en penser ?

Comment les autres régions du monde investissent-elles dans ces technologies émergentes ? Faut-il s’empresser de suivre la tendance et investir dès maintenant dans la tech de pointe ?


l’Intelligence Artificielle et la blockchain sont des technologies incontournables, pourtant, l’Europe est à la traîne sur ces sujets. Est-ce le moment d’investir ?

La première chose qui pourrait étonner concernant ce manque d’investissement, est que la blockchain et en particulier l’IA sont des technologies déjà éprouvées.

Elles sont aujourd’hui utilisées par de nombreuses entreprises, intégrées à des logiciels et testées par des institutions. On estime que 70% des banques dans le monde commencent à expérimenter la blockchain (BC) d’une façon ou d’une autre, pour améliorer leur rentabilité et diminuer leurs taux d’erreur.

Des résultats mesurables et mesurés pour les utilisateurs

Une récente étude menée par l’éditeur de logiciel ERP Oracle, auprès de 700 professionnels montre ainsi que :

  • Dans le monde de la finance, l’utilisation de l’IA permet de diminuer les erreurs de 36% et de clôturer les comptes quasiment 4 jours plus tôt.
  • L’utilisation de la BC a permis à 87% des entreprises industrielles de dépasser les retours sur investissements attendus.

Au-delà de cette seule étude, ces deux technologies (IA et BC) seraient également tout particulièrement adaptées au contexte de crise mondiale engendré par la Covid-19.


Des systèmes de gestion d’informations particulièrement adaptés à la crise actuelle

En effet, avec l’avènement du “tout distanciel”, les banques comme les entreprises ont dû se digitaliser rapidement. Cette augmentation du nombre d’interactions en ligne, on le sait, a fait le bonheur des pirates informatiques et organisations frauduleuses en tout genre.


Le nombre de cyberattaques n’a jamais été aussi élevé à travers le monde. Or, les technologies émergentes offrent une solution crédible à cette problématique.


L’IA et son pendant, le machine learning, permettent un traitement massif et rapide de données. Ils pourraient être utilisés pour accélérer les processus de vérification de transactions des banques par exemple, en réduisant le nombre d’interventions humaines – et le nombre d’erreurs potentielles, de fait.

Idem pour la blockchain, immense registre sécurisé et partagé, utilisable pour n’importe quel type d’identification en ligne. Là encore, la marge d’erreur et le potentiel de fraude sont extrêmement réduits.


“Waiting is not an option”, l’exemple des Émirats Arabes Unis

Dans un article publié par KPMG il y a quelques années, on peut lire que le Gouvernement de Dubaï avait déjà en 2016 pour objectif “de devenir la première administration en blockchain du monde”. Et ce, à l’horizon 2020.


Les E.A.U ont donc investi massivement dans la BC, en partant du principe suivant : “waiting is not an option” (propos de Farham Sayed, consultant KPMG spécialiste du pays).


Aujourd’hui, de nombreuses structures administratives fonctionnent grâce à la blockchain à Dubaï : notamment la police et les services fournissant des papiers d’identité. De plus, la ville a accueilli cette année l’évènement international Future Blockchain, réunissant les experts et professionnels du secteur.


De nombreux autres pays dans la course

Mais les Émirats ne sont pas les seuls à investir massivement dans la tech. Le rapport de la BEI souligne – sans surprise – le poids énorme des deux géants américains et chinois dans les investissements consacrés à l’IA et à la BC. En clair, ils représentent 80% des investissements, contre 7% pour l’Europe.

Face à ce constat, l’Europe a par exemple annoncé lancer un projet d’investissement d’1 milliard d’euros par an dans l’IA. Ce, dans le cadre des programmes Europe Numérique et Horizon Europe.


Mais cela suffira-t-il à nous transformer en leaders des technologies de pointe ? Rien n’est moins sûr.

Investir oui, mais comment ?

Cette Investir dans deux des technologies les plus révolutionnaires d’Europe semble urgent. Et l’Europe ne manque pas d’atouts sur ce terrain. Elle possède par exemple le plus gros nombre de chercheurs spécialisés en Intelligence Artificielle du monde : 40 000, contre 30 000 pour les Etats-Unis..


Des réticences propres à l’Europe

Il ne faut pas non plus nier que les européens investissent déjà dans la tech, mais bien plus significativement dans l’IA que dans la BC. La faute à de multiples facteurs, notamment une technologie encore mal comprise et un lien souvent distendu entre petites et moyennes entreprises innovantes et investisseurs.


En bref, le potentiel de la BC n’est pas encore totalement compris, ce qui explique certaines réticences. Par conséquent, les fonds d’investissement sur ces sujets sont également plus rares que dans d’autres pays.


Traiter les causes plutôt que les symptômes ?

Enfin, ce que mettent en lumière les experts de la BEI, c’est également la complexité globale du système d’innovation européen.


Il n’existe pas ou peu de Silicon Valley européenne. Les innovateurs fonctionnent en îlots bien distincts et interagissent peu, ce qui retarde l’aboutissement des innovations. Par ailleurs, les régulations européennes changeantes, en particulier concernant le traitement des données utilisateurs, n’arrangent rien.


Il est donc aussi important d’investir dans les technologies comme l’IA et la blockchain que de repenser la façon qu’ont les européens d’innover. Par exemple, en favorisant les “hubs” d’innovation digitale. Il faut traiter les causes autant que les symptômes.


Parce que la complexité du sujet mérite bien plus qu’un article, nous vous invitons, si le sujet vous intéresse, à nous contacter directement ! Forts de près de 20 ans d’expérience dans l’étude des marchés et le conseil aux investisseurs, nous vous aiderons à appréhender le marché de la tech. Le tout, avec simplicité et transparence, comme à notre habitude.


*Rapport de la BEI, 2021 : “Artificial Intelligence, blockchain and the future of Europe : How disruptive technologies create opportunities for a green and digital economy”.


© photos : Pascal Bernardon

Categories : Economie, H, Marché financier
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