Mai / 02

Impact de la stagflation sur vos placements

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La stagflation résulte d’une conjoncture économique où la croissance ralentit fortement couplée à une inflation difficilement maîtrisable. Le mot combine les notions de stagnation et d’inflation. Le terme est utilisé pour la première fois dans les années 60, pour décrire la situation dans laquelle se trouvait le Royaume-Uni. Plus prosaïquement, la stagflation conceptualise une hausse des prix avec une diminution de la richesse produite dans un pays. Un tel scénario, renforcé par la crise ukrainienne, est envisageable en Europe. Difficultés à pérenniser la valeur, envolée des prix des matières premières et pénuries en tout genre, le risque est bien réel.


Un début d’année 2022 chahuté

Le premier trimestre a été marqué par trois facteurs décisifs qui devraient perdurer sur les mois à venir.

Une inflation forte aux États-Unis et en Europe

Cette inflation résulte principalement de la flambée des prix des matières premières et d’un approvisionnement déséquilibré sur différents biens. (L’offre ne comble pas l’ensemble des demandes).

La hausse des taux directeurs

Les banques centrales, FED et BCE, se sont lancées dans un cycle de resserrement monétaire. Aux États-Unis, les taux directeurs devraient probablement augmenter de 2,5% en 2022.

La recrudescence des risques géopolitiques

La flambée des prix des matières premières en est la conséquence directe. Ce contexte va entraîner une baisse du pouvoir d’achat des ménages et peser sur la confiance des entreprises.


Les effets de la guerre en Ukraine

Les opérations militaires en Ukraine favorisent la hausse des prix, instaurent une stagflation et pénalisent le pouvoir d’achat des ménages. En effet, la progression des salaires en Europe a faiblement évolué, 1% en Italie et 3% en Allemagne en glissement annuel.

Cette configuration de stagflation peut déboucher sur une récession, c’est notamment ce que nous aurons à surveiller sur les prochains mois.


La banque centrale européenne prise dans un étau

Comme nous l’avons indiqué précédemment, l’inflation provient de facteurs exogènes. Dans ce contexte, une hausse des taux ne peut réellement stopper l’évolution de la hausse des prix.

En revanche, la BCE peut soutenir le taux de change de l’euro et réduire de facto l’inflation importée.

Les banques centrales sont piégées et n’ont d’autres choix que de maintenir une position monétaire accommodante.


Stagflation, remise en cause de la reprise économique ?

C’est en effet une possibilité, malgré que les économies européennes soient en meilleure posture que lors des dernières crises. Au sein des entreprises, les trésoreries sont à leur apogée, notamment grâce à une politique volontariste du gouvernement lors des confinements.

La plupart d’entre elles continuent de profiter d’une forte demande pour leurs produits et services. Même si les taux d’intérêt sont plus élevés, la demande reste soutenue, et le marché du travail reste dynamique.

Cette forte demande devrait persister dans les mois à venir, grâce au fort niveau d’épargne des ménages.

Néanmoins, le maintien d’une forte inflation pourrait entraîner une compression du pouvoir d’achat des ménages, et réduire le potentiel de croissance. Les décisions économiques et politiques (au regard de la guerre en Ukraine) qui seront prises dans les semaines et mois à venir seront déterminantes sur le développement de la stagflation.


Stagflation et placements

Un environnement de stagflation offre peu de voies de secours pour un investisseur. Les matières premières peuvent représenter une option, néanmoins, à court terme, elles restent très dépendantes des facteurs géopolitiques.

Les marchés financiers, par essence volatils en période d’inflation, commencent généralement par baisser puis rebondissent dans un deuxième temps. Les actions sont une classe d’actifs à privilégier pour se prémunir de la stagflation.

Nous vous invitons à être très sélectif, dans vos choix d’investissement et à sélectionner des valeurs possédant un fort « pricing power », c’est-à-dire pouvant faire accepter une hausse des prix de vente à leurs clients.

Plus globalement, et en fonction de l’appréciation des sociétés concernées, vous pouvez également opter pour des valeurs défensives.

Les valeurs défensives

La stagflation ne favorise ni les actions offensives ni les valeurs cycliques. Dans un tel contexte, il peut être intéressant d’investir sur des valeurs défensives.

Les valeurs défensives sont représentées par :

  • Les services aux collectivités,
  • Les biens de consommation de base,
  • l’immobilier,

Ces valeurs concernent donc essentiellement les produits et les services essentiels aux besoins quotidiens. Les consommateurs devront toujours acheter de la nourriture et des médicaments. En revanche, les dépenses de biens «cycliques» comme le dernier smartphone, seront  en général repoussées à plus tard.

Sans être une vérité absolue, le cours des valeurs défensives a donc tendance à rester stable, lorsque l’économie commence à faiblir. A contrario, en cas de reprise économique, elles ne connaissent pas le même rebond que les titres cycliques.

Dit autrement, les valeurs défensives ont un bêta de marché inférieur à 1 (ils surperforment quand leur indice de référence baisse). En revanche, les valeurs cycliques ont un bêta de marché supérieur à 1 (ils sous-performent quand l’indice baisse).

Les valeurs liées au secteur de l’énergie

À l’instar de leurs homologues défensives, les valeurs en lien avec l’énergie ont elles aussi tendance à surperformer en période de stagflation. Ce n’est guère étonnant lorsqu’on sait que le chiffre d’affaires de ces valeurs est par nature en corrélation avec les prix de l’énergie, lesquels composent principalement, les indices d’inflation.

Les obligations indexées sur l’inflation (Linkers)

Contrairement aux obligations classiques à taux fixe, qu’il faut fuir en période d’inflation (et de stagflation), les obligations indexées sur la hausse des prix sont des obligations d’État qui distribuent des coupons indexés à l’inflation. Ceux-ci dépendent directement de l’évolution de l’indice des prix à la consommation.

Ces “linkers” peuvent représenter une alternative pour protéger son pouvoir d’achat en périodes de remontée des prix.


En conclusion

Nous attirons votre attention sur le fait qu’il n’y a pas de solution miracle. Si vous considérez que nous allons vers une récession, rien ne remplacera « le cash » dans vos portefeuilles.

Dans l’immédiat, ce n’est pas la lecture que font les analystes. Les perspectives de croissances sont revues légèrement en baisse, mais il n’y a pas de perspectives récessives. De nombreuses valeurs de grande qualité ont corrigé et présentent des niveaux de prix attractifs.

Par conséquent, tout dépend du « timing » de vos investissements, spéculatif sur du court-terme ou en tendance sur du moyen et long terme. À suivre…


Photo : Peter Bond

Categories : Economie, H, Marché financier
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