Juin / 04

L’inflation généralisée à l’ensemble des économiques ?

By / Pascal Faccendini /

Les places boursières ne sont pas encore au PIC, il reste une petite marge de progression. C’est ce que semblent vouloir nous indiquer les derniers ajustements d’objectifs d’inflation et d’anticipations des politiques monétaires. En effet, le marché vient « de découvrir » qu’il y avait de vraies disparités entre régions.


L’économie asiatique face à une crise économique ?

Hô Chi Minh-Ville ! C’est dans la capitale économique du Vietnam que le dernier épisode de la Covid est en train de se jouer. Vous avez déjà dû en entendre parler, un nouveau variant (un mélange entre le variant anglais et indien) fait son apparition, ou plutôt s’abat sur la ville et le pays. La croissance économique est menacée, une crise de liquidité peut être redoutée. La région produit une quantité importante de semi-conducteurs et une interruption de ces productions pourrait conduire les marchés financiers à anticiper un ralentissement de la croissance économique locale, voire mondiale. Pat Gelsinger, le nouveau président d’Intel indique qu’il faudrait plusieurs années pour rétablir la pénurie de semi-conducteurs, Morgan Stanley évoque au mieux 2022. Cette succession de variants touchant l’Asie n’arrange en rien la supply chain mondiale, et laisse planer un air de blocage conjoncturel. .


La croissance et l’inflation dépendent de la vaccination.

La période économique actuelle est un peu particulière. Elle conjugue à la fois une très forte demande liée à la reprise et à l’espoir que fait naître la vaccination, mais également une très forte contrainte liée aux difficultés de fabrication et d’approvisionnements. L’évolution de la vaccination encore très embryonnaire dans certaines régions n’est pas étrangère aux incertitudes économiques auxquelles nous sommes confrontés.


Pourcentage de la population ayant reçu au moins une dose de vaccin.

vaccination covid monde

Quoi qu’il en soit, nous aboutissons à un goulot d’étranglement qui fait monter les prix et fait craindre des ajustements des politiques monétaires. Si le choc sur les prix est global, son intensité est très différente en fonction des régions, à l’image d’une comparaison entre la zone euro et les États-Unis. La violence du choc Covid a été très forte pour l’Europe, qui aborde maintenant une reprise en étant nettement fragilisée. Son potentiel de croissance est inférieur à ce qu’il était avant la crise. Pour les USA, le contexte est très différent. L’OCDE a indiqué dernièrement que le PIB par tête avait retrouvé aux USA ses niveaux d’avant crise et que l’écart de production (différence entre le potentiel et le réel) est quasiment nul pour l’Amérique post Covid. Il est clair que le rebond économique ou que le potentiel d’inflation est plus important aux USA qu’en Europe. Si l’on rajoute à cela les plans de relance américains astronomiques, on se retrouve avec un potentiel de dépenses des ménages américains que des analystes estiment être le double de celui dont disposent les ménages européens. On comprend aisément à partir de là que le potentiel d’inflation n’est pas du tout le même aux USA qu’en Europe. Les taux d’intérêt américain sont donc beaucoup plus sous pression que les taux européens.


Banques centrales, taux d’intérêt et inflation sous surveillance.

Ce constat est très lourd de conséquences, car il sous-entend que si une banque centrale doit remonter ses taux, c’est la FED et non la BCE. Cela signifie également que la pression sur la courbe des taux US risque d’être forte, alors qu’elle peut s’amoindrir en Europe (dollar à surveiller !). Le marché est donc en train de donner un peu d’oxygène à la Prime de risque du marché européen alors qu’il resserre un peu plus l’étau sur celle de Wall Street.


Inflation conjoncturelle ?

Nous estimons que les anticipations d’inflation sont temporaires. Il y a un pic à passer au cours du second semestre 2021, puis la pression devrait baisser début 2022. Le pic d’inflation attendu est plus faible pour l’Europe, et notamment la France, que pour l’Amérique. La BCE ne devrait donc subir que très peu de pression. Quant à la FED ? C’est une autre histoire.

Par conséquent, les places boursières européennes semblent présenter plus de potentiel. Mais le timing, ainsi que le choix des fonds ou des valeurs va être déterminant. Le marché n’est pas encore à son « PIC » mais la marge de progression semble relativement faible : 460 sur le Stoxx 600 commence à s’apparenter à de la stratosphère… À suivre…


© photos : Matteo Fusco.

Categories : Economie, H, Marché financier
Pascal Faccendini